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Le processus d'innovation citoyenne à Bologne

Fondazione Innovazione Urbana, Michele D'Alena, directeur du département de l'innovation, coordinateur du service Imagination civique, agenda numérique et relations extérieures

A Bologne, un tiers de l'activité économique relève des coopératives sociales. Bologne a une histoire coopérative, et expérimente de nombreuses expérimentations citoyennes. Il nous présente un processus.

Tout est né dans un espace public, avec 3 citoyens qui voulaient prendre soin d'un bien public. Pour faire cela ils auraient dû aller dans 5 instituions publiques différentes. Le seul endroit où il y'a une coordination des institutions c'est au sommet de l'organisation verticale. A la base, tout est disséminé. Au départ, le besoin des citoyens d'être reconnus comme producteurs de soin. Le citoyen n'est pas seulement producteur de besoins, mais il a des compétences factuelles.

Le principe institutionnel de la subsidiairité horizontale n'est pas une loi. Bologne décide d'adopter un règlement qui créé le pacte de collaboration pour "prendre soin du bien commun". Grâce à la création d'une plateforme de lobbying au niveau national, on a aujourd'hui 300 communes qui ont adopté ce règlement. D'un côté il y'a une méfiance généralisée des responsables politiques mais d'un autre côté il y'a une nouvelle forme de citoyenneté qui veut prendre soin mais qui refuse d'aller voter. C'est un phénomène qui est commun à toutes les démocraties occidentales mais Bologne cherche des solutions pour résoudre ce problème. Un choc s'est fait en 2016, suite aux élections du gouverneur régional d'Emilie-Romagne, avec seulement 36% de votes. Un abstentionnisme historique. On ne voit pas de réaction des territoires face à ce phénomène.

On ne connnaît pas vraiment le poids de chaque innovation dans notre processus. Par exemple, il y'a eu une grève de la faim pour mener une action pour le climat. Le laboratoire est né suite à la répression violente de l'Etat. 10 000 personnes ont manifesté pour demander l'attention sur le climat. Les administrateurs publics, les techniciens, s'engagent également en faveur de l'innovation en 2014. Les élus a un certain moment décident de créer la Fondation de l'innovation urbaine en 2019.

4 démocraties dans ce processus :

  1. démocratie représentative (les élus)
  2. démocratie directe (les citoyens)
  3. démocratie délibérative (assemblée pour le climat)
  4. démocratie collaborative (pacte de collaboration)

On a  des outils administratifs (pactes de collaboration, plan d'aménagement durable de la ville...).

On a aussi des processus : laboratoires de quartiers, micro-zones de la santé, espaces publics de proximité...

On a aussi des projets : écoles de quartier, livraisons éthiques.

C'est difficile de dessiner une dynamique. Ils ont reçu beaucoup de critiques à chaque expérimentation notamment des acteurs associatifs.

Bologne a six quartiers et une réforme des quartiers en 2016 s'est traduite par des investissements importants. la commune a voulu requestionner le rôle de la commune dans son lien aux territoires. Ils ont retiré le budget aux reponsables des quartiers pour les redonner directement aux habitants dans le cadre des pactes de collaboration. Les responsables de quartiers devaient être plus animateurs et facilitateurs et non pas décider à la place des communautés, des habitants.

Durant cette phase, il y'avait de nombreuses sources de financement européens. En 2016, premier plan d'innovation urbaine et émerge l'idée de créer un bureau de l'imagination civique. A l'intérieur de l'adminsitration locale il manquait des compétences, il fallait faire plus. Il faut reconnaître que les élus, les communautés de citoyens, ont des temps différents. L'innovation ubrbaine consiste à maîtriser les rythmes différents. Ils ont d'abord créé le bureau d'imagination et ensuite la fondation d'innovation urbaine. Ils démarrent l'innovation, ils partent même s'ils n'ont pas dessiné d'un point de vue institutionnel et ensuite on s'organise au niveau de la mairie.

Jusqu'en 2018 c'était seulement une question de citoyenneté active. Après, la mairie de Bologne a compris qu'il fallait être chose. Il y'avait deux adjoints à l'innovation et un des deux est devenu maire.

Chaque mois, le maire se déplace dans un quartier et amène tous les adjoints avec lui et faire les réunions dans des espaces de proximité des quartiers (écoles, ...).Les services de nettoyage et de sécurité suivent cette logique de proximité.

Ce rapprochement est très puissant, ils ne s'attendaient pas à ce que ce soit aussi significatif.

Il y'a trois situations :

  1. le maire rencontre une école
  2. le maire rencontre les techniciens
  3. le maire participe à une assemblée de quartier très participative

Il y' avait besoin de travailler au sein des quartiers sur des échelles identitaires plus petites. A partir de 2020, ils ont travaillé sur plusieurs zones par quartier.

Le maire a décidé d'aller plus loin de travailler au niveau d'îlots. Ce sont des échelles de voisinage pour parler de choses très concrètes (illumination publique qui ne fonctionne pas, transports en commun qui fonctionnent mal....). C'est un style de gouvernance itinérante.

Participation citoyenne : de la participation numérique jusqu'à s'engager concrètement sur un quartier.

Beaucoup des citoyens qui participent au sein des laboratoires finissent par s'engager politiquement.

Il y'a des alliances européennes très fortes comme entre Bologne et Barcelone. Mais il y'a aussi des alliances nationales comme avec le mouvement des transitions.

Est-ce que vous réfléchissez à un nouveau modèle de gouvernance avec les quartiers ?

La réforme des quartiers est encore trop récente.

Est-ce qu'il y'a une nécessité de transformaiton institutionnelle, de changer le cadre ?

Oui, ça ne suffit jamais. Il y'a des différences sociales, des difficultés de santé, il faut sans cesse innover. Il faut observer comment s'organisent les communautés et à quel moment il est important que le service public intervienne. Le risque si tu laisses une communauté s'auto-organiser le risque c'est que cela soit réservé à une minorité. Le service public doit rééquilibrer entre les quartiers, les zones et les îlots la lutte contre les inégalités.

Il faut renforcer la démocratie notamment à travers des dispositifs comme l'assemblée citoyenne.

Jusqu'à quel niveau de participation va-t-on dans les quartiers ?

L'assemblée citoyenne pour le climat

Fondazione Innovazione Urbana, Andrea Fabbri, organisateur des rencontres, expert en processus participatifs

Mouvement européen. Le plan climat émane d'une volonté de l'UE.

L'organisation s'est structurée autour de différents groupes de travail. Il y'a eu des moments de rencontres et des décisions prises par le conseil communal. Le processus s'est achevé par un document avec plusieurs engagements en anglais (très forte dimension européenne) signé par la mairie.

Bologne doit devenir neutre en termes d'émission carbone.

La composition a été très étudiée pour respecter la diversité en termes de genre, d'origines, géographiques, sociales, culturelles....

Chaque groupe a été composé par tirage au sort. 10 000 mails ont été envoyés, et tout dépendait de qui souhaitait participer. Il y'avait des relais transmetteurs commune l'université de Bologne pour toucher les étudiants. 10 étudiants, 80 résidents à Bologne, 10 usagers de transport en commun.

Parmi les sujets entendus par l'assemblée : ils émanentn autant des mouvements sociaux, comme de la société qui gère l'aéroport par exemple. Les groupes de travail se sont constitués par thèmes pour arriver à des propositions concrètes. Il y'avait différents outils pour créer de la collaboration et mettre en discussion collective les différents sujets.

L'objectif était d'arriver à un consensus sur des objectifs acceptables. Ont été soumis au vote : 3 propositions sur 24 et 9 actions sur 151 propositions. Vote avec des cartons verts (je suis d'accord), rouges (je ne suis pas d'accord) et jaunes (je ne suis pas d'accord mais je me range à la décision finale).

Recommandation : réduire le nombre de places de parking a suscité le plus de controverses. Deux propositions ont fait l'objet d'une analyse pour ce même objectif, l'une a été acceptée (par le biais de plus d emobilité douce) et l'autre non. Donc la suppression seule n'a pas été validée mais une proposition de réaménagement oui.

Pour chaque participation, il y'avait une indemnité de 73 € qui correspond à l'indemnité du conseil communal.

Comment on peut innover au sein de l'administration pour s'assurer que les propositions sont réellement mises en oeuvre, demeure une question pour la ville de Bologne qui recherche une amélioration continue de ses processus participatifs.

Suprises :

  • ils ne s'attendaient pas un tel degré d'implication personnelle. Comme quoi ce n'est pas vrai que les gens ne participent pas. Il ne faut pas hésiter à les mettre à contribution.
  • une personne a renoncé parce qu'elle trouvait qu'il manquait d'une diversité de points de vue, en l'occurence elle trouvait qu'il n'avait pas assez de controverses

Durée : 6 mois

Budget : 180 000 euros

APERICENA A CASERMARCHEOLOGICA
LUOGO UTOPIE POSSIBILI

Laura Caruso, Ilaria Margutti, Alice Solfanelli et Emily Bianconi, Casermarcheologica
Anna Zita Di Carlo, Responsable, Aboca Museum
Marta Pasqualini, Directrice générale, Progetto Valtiberina

Jour-3

Nos plus grands étonnements

Bilan
  • Découvrir l'importance de la proximité
  • Un maire d'une grande ville capable de modeler sa gouvernance au niveau d'un village
  • L'arrêt de la construction d ela cathédrale avec la peste noire
  • Qu'un maire prenne le temps d'aller dans les quartiers
  • L'agilité de l'administration
  • Une assemblée citoyenne pour le climat à l'échelle d'une ville
  • 10 ans seulement pour le déploiement d ela démarche citoyenne 2014-2024
  • La formation, la tranformation des services techniques parce que ça dépasse le temps politique des mandats
  • une fondation pour l'innovation urbain et une assemblée citoyenne pour le climat

Nos prochains petits pas

Bilan
  • lire le texte italien mais en français
  • suivre les travaux de Bologne
  • proposer au grouep de chanter Bella Ciao
  • ouvrir aux petits gestes une démarche plus globale
  • contacter Grenoble
  • lire les communs urbains de Bologne et en parler aux collectifs que j'accompagne
  • expliquer les pactes de collaboration à Pailhès

Ce que j'en retiens...

Bilan
  • Une méthodologie d'assemblée citoyenne pour le climat même si j'ai pas tout compris
  • On innove sans permis !
  • Mettre en place des systèmes
  • Que je voyage avec des élus et citoyens ariégeoises hyper affûtés et préparés à la suite
  • 4 formes de démocratie
  • 3 hommes attachés à un banc
  • la phase "listenning"
  • une temporalité bien circonscrite pour l'assemblée citoyenne climat
  • il faut faire pour fédérer à mesure que l'on avance
  • les jolis paysages italiens
  • il faut agir sans attendre les institutions

Nos frustations

Bilan
  • Je n'en ai pas, peut-être plus de temps à Bologne
  • Je comprends pas tout mais qu'est-ce qu'on rigole
  • Plus de temps pour visiter Bologne++
  • Je n'en ai pas
  • Ne pas avoit été en mesure de suivre la deuxième intervention
  • Il aurait été intéressant des présentations à deux voies tandem élu-citoyen
  • Echanges trop courts sur la convention citoyenne du climat
  • Taux d'abstention aux élections régionales
  • malgré un historique de deux décennies l'influence de l'Europe est faible