Erika Zarate et Oscar Guissenyer fondateurs de Résilience Earth
Erika Zarate co-fondatrice de la coopérative d’économie sociale et solidaire « Nuria Social » nous a accueilli dans le lieu de la coopérative située dans le centre historique d’Olot. Il s’agit d’un espace construit dans les années 1850 qui abritait à l’origine le syndicat des travailleurs des industries textiles et papier en très fort développement dans la Garrotxa. Durant la guerre civile, ce fut un lieu clandestin hébergeant et formant l’armée révolutionnaire face à l’armée franquiste. A la fin de la guerre, et durant la dictature, Franco y a installé un syndicat de travailleurs franquistes, dans un des espaces du lieu. Le reste des espaces composaient un cinéma avec une programmation officielle et une programmation clandestine subversive.
Resté 20 ans inoccupé, ce lieu a ensuite été repris par un collectif d’associations réunis sous le nom de Nuria Social. Ces trois organisations fondatrices sont :
- ONG Resilience Earth
- Une organisation pour la jeunesse
- Une société de production de documentaires cinématographiques de réflexion critique et sociale
Au sein de Resilience Earth, Erika nous explique qu’il y’a deux sections :
- La gouvernance citoyenne dans les villages - ILTIR
- L’éducation et la formation au changement social – BALKAR
A l’origine, ce sont 5 jeunes activistes agissant en zones de conflits dans le monde, auprès de communautés résilientes qui ont décidé de revenir en Garrotxa, dont 4 sont originaires, pour partager leur expérience communautaire en Europe et accompagner le changement social radical.
PROJET ILTIR
La participation c’est une chose mais l’implication c’en est une autre. Ce que l’on observe c’est une diminution de la participation. Il y’a une volonté de mieux impliquer les habitants aux décisions du conseil municipal. L’intention est d’ouvrir les conseils de village aux habitants qui veulent prendre part. Tout est piloté par des petits groupes comprenant des représentants des associations, ouvert vers de nouveaux habitants. Un nouveau lieu sera géré de cette façon.
LA GARROTXA A TRAVERS l’histoire dES MOUVEMENTS SOCIAUX ET CITOYENS
Erika Zarate
Atelier “Créer son écosystème de participation citoyenne et économie sociale”
Depuis le centre-ville d'Olot, Erika nous a conduit à travers un chemin nous menant aux deux volcans les plus emblématiques de la ville d’Olot, le Montsacopa et le Montolivet. Depuis le mirador nous avons pu admirer les Pyrénées et les montagnes de l’Alta Garrotxa. Nous avons également découvert l'énorme complexe industriel d'abattage des porcs avec 20 000 têtes par jour qui explique à lui seul l'essentiel de l'attractivité de la main d'oeuvre immigrée étrangère qui représente aujourd'hui 25% de la population locale. Surtout, Erika nous a expliqué l'histoire de cette terre unique par sa géologie et la richesse de ses sols, rebelle depuis l'époque pré-romaine jusqu'à la fin de la dictacture franquiste. Colonie micro-industrielle à la fin du XIX - début du XXème siècle, ce territoire a été le théâtre de nombreux soulèvements ouvriers et de résistances armées face au régime franquiste.
Dans le creux du cratère du volcan de Montsacopa, nous avons réalisé un atelier collectif pour mieux appréhender la systémie, son fonctionnement et les conditions de sa réussite. Nous retiendrons essentiellement que le changement suppose une prise de risques répétés et différents cycles passant régulièrement de la stabilité au déséquilibre, il suppose de savoir "danser avec le chaos", de savoir s'adapter en permanence aux micro-changements encouragés. Pour en savoir plus sur les outils d'accompagnement au changement et à la systémie, nous vous renvoyons vers les enseignements du Forum Co-construire à Tournai.
Format du jeu "la minorité active - rendre visible la systémique".
Adoptant une perspective holistique, la pensée systémique examine la manière dont les différents éléments sont interconnectés, contrastant avec l'analyse traditionnelle qui divise les systèmes en composants distincts. C'est comme comprendre les processus écosystémiques d'une forêt au lieu de simplement regarder les arbres.
Lorsque les gens se réunissent dans un but commun, nous incarnons notre capacité de super organisme que nous sommes. Une entité cohésive qui émerge lorsque les espèces collaborent vers des objectifs partagés, analogues aux efforts communautaires des fourmis ou des abeilles.
S'inspirant de la synergie, de la coopération et de l'altruisme observés chez les superorganismes, ce modèle devient un guide pour la collaboration humaine (Woolley Barker, 2017 ; Gorissen,
2020).
Faciliter cette synergie implique la mise en place d'un levain critique (Lederach, 2010), un groupe central de personnes représentatives de la diversité sociale du système et capables de susciter une dynamique dans les processus de changement en réconciliant les diverses voix.
La levure critique agit comme un catalyseur de la masse critique, en soutien à un changement spécifique. Ce processus dynamique reflète la coordination harmonieuse observée dans les
superorganismes. Tout comme les fourmis ou les abeilles construisent collectivement des ruches, les humains, en tant que superorganisme, ont besoin d’une communication, d’une coopération, d’une synergie et d’un altruisme efficaces pour prendre des décisions collectivement, prendre soin de nos communautés et gérer notre terre et notre planète.
Le cycle de résilience fait référence au processus dynamique que subissent les systèmes en réponse au stress, au changement ou à une perturbation. Cela implique généralement plusieurs phases, dont la conservation (maintenir la stabilité), la libération (permettre la transformation), la réorganisation (restructuration et reconstruction) et, finalement, la croissance (prospérer et s'adapter). En cours de route, le système pourrait être confronté à des pièges potentiels, tels que le piège de la rigidité (résistance au changement) ou le piège de la rareté (s'attaquer aux éléments manquants). Le cycle de résilience met en évidence la capacité d’adaptation des systèmes à
relever les défis et à évoluer au fil du temps.
l’écosystème de l’economie sociale de la garrotxa
Visite du magasin coopératif l'Artiga, projet citoyen avec 200 personnes qui s’organisent pour organiser des permanences. Visite des sièges de quelques membres du collectif La Iera et le réseau XES Garrotxa. Le réseau dans ce contexte est un élément indispensable d'entraide et de survie.
Nous retiendrons qu'il n'est pas aisé de faire vivre un collectif sur le long terme autour d'une entreprise auto-gérée, l'essoufflement gagne et la dynamique horizontale repose sur un très petit noyau, surtout sur les quelques salariés présents. Au sein du magasin coopératif, la part des produits locaux est dérisoire, elle représenté seulement 5% des produits proposés. Le travail avec les produteurs locaux semble difficile au regard de leur faible proportion et de leurs difficultés structurelles.
La coopérative d'artisans de la confection textile souffre quant à elle de l'absence d'un soutien institutionnel local, la ville d'Olot n'ayant pas soutenu leur projet de revistalisation locale des quartiers du centre-ville à travers un collectif d'artistes et d'artisans. Ce projet pourtant soutenu par les habitants a dû s'arrêter faute de lieux mis à disposition et de relais politique local. La coopérative existe par la seule énergie du groupe d'artisans dont les conditions de travail demeurent très précaires.
Rétrospective quotidienne
Jour-1
Nos plus grands étonnements
- 25% habitants d’origine étrangère non natifs d’Espagne dans une ville industrielle en pleine montagne, majoritairement issus d’Afrique
- 20 000 porcs par jour abattus dans la zone industrielle
- 11% de gens mobilisés, convaincants on peut faire basculer une foule
- dynamisme coopératif dans un contexte politique non soutenant mais historiquement rebelle
- téléportation dans un monde enthousiasmant, en espagnol
- commune qui n’accepte pas, n’accueille pas un dynamisme coopératif présent et soutenu par les habitants
- groupe Agoractive a vocation a essaimé
- facilitation d’Erika dans le cratère du volcan : s’élancer avec peu de gens, résilience efficiente avec peu d’acteurs locaux, c’est suffisant pour tirer des chars. Souvent on râle faute de participants mais avoir un groupe moteur permet d’atteindre des résultats
- pas de culture de tomates ni de tournesol localement
- positivisme Erika : chaque fois un mot pour lier notre expérience personnelle à ce que ça pouvait apporter à notre communauté
- une envie de créer du lien : donne envie de revenir
Nos prochains petits pas
- Détecter, retranscrire, jouer à identifier les rôles dans mon entourage
- Pouvoir clarifier certains de ces rôles : peut-on tenir un rôle plusieurs ? On pourrait parler de fonctions
- Me renseigner sur Cacau pastisseria : une histoire incarnée dans l’emballage, j’aime quand ça s’incarne
- Arriver à faire un partenariat avec établissement scolaire à Olot
- Comment mieux appréhender la délibération entre les élus et les citoyens : comment on arrive à faire partager
- Continuer à discuter demain avec les autres gens : équipe « Agence tous risques »
- Se promener au Mas d’Azil, balade qui raconte des expériences sociales, initiatives coopératives : prochaine programmation de la maison du livre
- Lire compte rendu
Ce que j'en retiens...
- Histoire des 11% ça m’éclaire, dont c’est tant qu’il faut d’énergie pour déplacer temps
- Levure critique
- Il vaut mieux un groupe de 10 personnes avec une diversité qu’un groupe de 100 personnes homogènes
- Diversité nécessaire (ex : ECLA petit groupe mais diversité juste)
- Il y’a de l’espoir, les choses ne sont pas figées. C’est le point de bascule qui est devant nous. Une prise de conscience d’un groupe et c’est eux qui pèseront sur les politiques à venir. Il ne faut rien attendre de la verticalité qu’une meilleure écoute
- Histoire de pensée systémique. Différence entre réseau et écosystème dans les interactions
- J’ai retenu l’effet de surprise des 11% conforté par l’enjeu de la diversité
- La motivation de cette jeune couturière, radieuse, malgré les difficultés elle s’accroche pour apporter quelque chose à sa ville
- Je ne suis pas fan de la systémique, je ne suis pas convaincu, je ne vois pas les choses comme ça, en revanche la diversité des groupes sociaux, j’étais très content de le ré-entendre, la nécessité de se raconter une histoire commune, être capable de savoir comment tu te racontes une histoire commune
- Danser avec le chaos
Nos frustations
- j’ai pas tout compris sur la présentation de Nuria Social, la structuration sur l’articulation avec les autres associations, en difficultés comme entrée en matière
- ne pas avoir mangé de tapas ce soir
- que les artisans n’arrivent pas à vivre de leur métier
- de découvrir ici aussi la grande difficulté des agriculteurs pour vivre en circuits courts
- 10ème rôle, besoin du document d’Erika
- Inéquation entre les attentes des populations et les élus. Les élus ne sont pas à la hauteur des attentes
- Chemin cimenté pour aller au volcan
- Décalage entre l’enthousiasme d’Erika et la confrontation au réel, ça ne marche pas. Inadéquation entre le discours et la manière d’entourer tout ça et le réel (hyper marginal)